Évènement soutenu par la MSH Ange-Guépin dans le cadre du projet inter-MSH FLUVIOSCOPE
 

Rapports humains/non-humains : penser la santé du fleuve autrement ?

Que signifie « prendre soin » d’un fleuve ? Peut-on parler de sa santé comme on parle de celle d’un être vivant ? Ces questions, en apparence simples, bousculent en réalité des évidences bien ancrées. Depuis la Directive Cadre sur l’Eau, la santé des cours d’eau est pensée à travers des indicateurs biophysiques normés visant un « bon état écologique ». Mais cette approche, essentiellement technique, laisse de côté une question plus fondamentale : celle de la place que nous accordons au fleuve lui-même — comme entité, comme sujet et non comme simple objet à exploiter, à gérer.

Cette journée propose d’explorer cette question à la lumière du tournant ontologique qui traverse aujourd’hui les sciences humaines et sociales, et qui invite à dépasser le dualisme moderne opposant nature et culture (Descola, Latour, Serres). Comment les sociétés ont-elles, à travers l’histoire, tissé des liens avec les rivières — liens d’usage, de dépendance, de croyance, de conflit ? Comment le droit peut-il aujourd’hui reconnaître aux cours d’eau une existence juridique propre, au-delà du simple objet de propriété ou de gestion, quelles sont les limites de cette reconnaissance ? Comment l’anthropologie éclaire-t-elle les cosmologies et les pratiques qui, ailleurs et ici, font du fleuve un être doté d’agentivité ou non ? Comment la géographie peut éclairer les représentations actuelles des acteurs concernant les fleuves et rivières, ainsi que les stratégies de gestion et d’aménagement qu’ils mettent en œuvre sur les territoires ?

Pour répondre à ces questions, la matinée croisera les regards du droit, de l’anthropologie et de la géographie, avant une table ronde consacrée à la profondeur historique de ces rapports — des occupations préhistoriques des vallées jusqu’aux reconfigurations du paysage fluvial au Petit Âge Glaciaire et durant les époques moderne et contemporaine. Cette mise en perspective vise à montrer que la relation humains/rivières n’a jamais été figée, et qu’elle reste aujourd’hui à remettre en perspective dans le temps long.

L’après-midi sera consacré à un atelier d’écriture, pensé comme un prolongement direct de ces échanges : il s’agira d’explorer ce que le tournant ontologique apporte, ou n’apporte pas à la compréhension des relations entre les humains et les fleuves.

 

Pré-programme

9h30 : Accueil de la MSH Pars Nord

9h45 : Rappel sur le projet Fluvioscope et retours sur l’atelier du 2 avril à la MISHA à Strasbourg
Mathieu Bonnefond (Université de Tours, UMR CITERES 7324 CNRS, MSH VdL, Zone Atelier Loire)

10h00 : Saisir les relations humains-rivières : de la connectivité hydrosociale à un indicateur socio-environnemental. Exemple des petites rivières urbaines franciliennes
Marie-Anne Germaine (Université de Nanterre, UMR LAVUE 7218 CNRS, MSH Mondes, Zone Atelier Seine)

10h30 : Ce que le droit de l’eau ne dit pas du fleuve
Marta Aurino (Science Po Paris, MSH Paris Nord)

11h00 : Lectures de l’anthropologie sociale sur les relations des sociétés au fleuve (titre provisoire)
Vanessa Manceron (CNRS, UMR LESC 7186 CNRS, MSH Mondes)

11h30 : Batolabo, enquête au fil de l’eau sur les attachements aux fleuves en Europe
Ninon Bardet (Batolabo), Lucas Spadaro (Docteur en Aménagement de l’espace et Urbanisme, Batolabo) et Laura Nuninger (CNRS, UMR Laboratoire Chrono-Environnement 6249 CNRS, MSHE)

12h00 : Table ronde Quels rapports les sociétés humaines ont-elles entretenus avec les fleuves ?

12h45-14h00 : Déjeuner

14h00-16h30 : Atelier de co-construction d’une grille de lecture interdisciplinaire des rapports sociétés-fleuves

16h30 : Conclusion

Mis à jour le 25 septembre 2026.